Critique Once upon a time…in Hollywood de Quentin Tarantino

Réalisateur

Quentin Tarantino

Avec

Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Al Pacino, Timothy Olyphant, Kurt Russell, Michael Madsen, Dakota Fanning, Luke Perry, Emile Hirsch, Nicholas Hammond,Clifton Collins Jr, Mike Moh, Rafal Zawierucha, Damon Herriman, Keith Jefferson, James Marsden, Zoë Bell, Bruce Dern, Maya Hawke, Lena Dunham…

Durée

2H45

Sortie

14 Août 2019

Le Pitch

En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus.

Bande Annonce

Prologue

Il était une fois…

Cannes 2018, le casting du prochain film de Quentin Tarantino se dessine petit à petit. Son 9e film sortira l’été prochain, et déjà on espère le retour de l’enfant prodige à Cannes 2019. La dernière fois et ma première rencontre avec Tarantino étaient lors de sa venue en 2014 pour fêter comme il se doit les vingt ans de la Palme d’or pour « Pulp Fiction ». Le film est projeté en 35 mm, je fais partie des chanceux, celui d’être au premier rang avec en plus la chance de déguster des bières accompagnées de pizza et d’une couverture du Martinez histoire de nous recouvrir du froid, la météo n’étant pas à son firmament sur le sud de la France ce soir-là. Et pourtant, il n’a jamais fait aussi chaud dans mon cœur. Pouvoir découvrir des films à Cannes était un rêve d’enfance. Alors quand en 2014, a été annoncée la projection exceptionnelle en sa présence au cinéma de la plage il était hors de question de ne pas assister a cela. Pour la projection que du beau monde, étaient présents John Travolta et Uma Thurman en l’arme à la fin de la projection et Lawrence Bender. Juste à côté pas mal d’acteur et d’actrice ainsi que Daniel Brühl venu assister comme des milliers de personnes au film, il ne reste plus un seul espace de sable à l’horizon pour la projection du film sur la plage.

Nous sommes le mardi 21 mai 2019, voilà 25 ans sont passés depuis la Palme d’or de » Pulp Fiction ». Aujourd’hui c’est le retour de Quentin Tarantino en compétition officielle. La dernière fois, cela remonte à 2009, il était venu avec « Inglorious Basterds » c’est dire une éternité, lui qui a été découvert en séance de minuit en 1992, avec « Reservoir Dogs » grâce à Pierre Rissient et Gilles Jacob. Je n’avais jamais vu autant de monde ce jour-là sur la croisette. »Once Upon a time in Hollywood », est bien l’événement que tout le monde prédisait. Une folie empare la croisette, Tarantino déjà présent depuis quelques jours et pour cause il est venu découvrir comme tout le monde le nouveau film du très talentueux réalisateur Diao Yinan et son somptueux « Le Lac aux oies sauvages ». Fin de séance je sors en même tant que Tarantino et sa femme Daniella Pick. Avoir le précieux sésame, pour rentrer dans le théâtre lumière n’est pas une simple affaire. Il faut pouvoir s’armer de patience, cette même patience qui durant deux jours sera mise à rude épreuve. Car tout le monde cherche à voir absolument le neuvième film de Quentin Tarantino.

2712812.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx[1]

Malheureusement la journée du 21 mai, ne sera pas une réussite totale car pour la première fois en sept festivals de Cannes je ne réussis pas à avoir d’invitation, pour le film qui me tenait le plus à cœur de découvrir à Cannes. Non la dernière opportunité pour pouvoir assister à « Once upon a time in Hollywood » sera demain à 12h, car il n’y aura pas d’autre projection, ce qui est extrêmement rare. Par chance j’ai une invitation pour la séance de 22h « Parasite » de Bong John Ho, future palme d’or. Le lendemain pied de grue devant le palais durant toute la mâtiné espérant avoir la chance d’avoir une invitation. Après avoir laissé bon nombre d’invitations me glisser sous les doigts celle de 11h45 est la bonne, une dame avec une invitation à la main. Une de plus pour son amie. Sauf que celle-ci c’est perdu sur la croisette elle est très en retard et j’ai alors la chance de récupérer l’invitation. J’ai escaladé les marches du palais à grande vitesse comme jamais, la séance vas d’un moment à l’autre commencer me voilà installer pour assister à la seconde projection de « Once Upon a time in Hollywood » de Quentin Tarantino.

Mon Avis

En route avec Cliff et Rick

Rick Dalton est la vedette de la série « Chasseur de primes », sur le déclin plus enclin à faire le guest. On débute le film, par DiCaprio montrant ces prouesses devant la caméra. Avec une certaine jubilation à déglinguer l’ennemie, nous rappelle aussitôt la même virtuosité dans le tir qu’un certain « Django Unchained » pour le côté western à celui « d’Inglorious Basterds » pour le côté brûlons des nazies. Et si avec « Once upon a time in Hollywood », Tarantino raccrochait pour de bon, cela ne serait que la suite logique tout comme Rick Dalton. Même s’il lui reste peu- être un 10e film, Quentin Tarantino nous livre ici son film le plus personnel. On découvre ici par une musique, par la télé ou par les rues emprunter le monde dans lequel Quentin Tarantino à grandi. Comme » Jackie Brown », c’est un film qui faut revoir et revoir et qui va constamment se bonifier à chaque visionnage. Avec « Once upon a time in Hollywood », Tarantino fait entrer en connexion sa filmographie avec le monde de 1969, avec simplicité. Chaque passage dans les aéroports, nous ramène un morceau de pellicule coincer dans notre mémoire. Celle de Pam Grier dans « Jackie Brown » il se cert aussi de musique telle que « funck fanfare » de Keith Mansfield. Il n’y a pas que de l’image ou le son dont Tarantino se sert. Il y a aussi par exemple la figure du cascadeur, déjà exploité dans « Boulevard de la mort » avec Zoë Bell, que Quentin à rencontrer à l’époque pour « Kill Bill ».

1355085.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx[1]

Cliff Booth est l’homme à tout faire de Rick Dalton. Et ce malgré une réputation qui fait tache et dont le doute ne sera jamais dissipé. Comme si cette information, faisait écho indirectement à la vie tumultueuse d’un artiste et en l’occurrence Roman Polanski. Et pose la question peut-on dissocier l’art de l’artiste. Un artiste qui peine à retrouver du boulot, Booth n’a pas le même confort que Rick. Il loge dans une caravane dans les très fond de Los Angeles isolé comme un hippie avec Brandy son molosse d’amour, qui décrochera à Cannes la Palme Dog amplement mériter. Celui qui engage Booth, n’est qu’autre que Kurt Russell déjà présent dans « Les huit salopards » et aussi meurtrier fou dans « Boulevard de la mort ». Assez drôle de le retrouver en mari de Zoë Bell dans « Once Upon a time in Hollywood » et en même temps logique comme si Tarantino, à travers cette figure revenait sur sa rencontre avec Zoë Bell à travers ses films. Il en ressort une séquence fantastique entre Brad Pitt et une autre icône du cinéma Bruce Lee, interprète par Mike Moh. L’introspection continue aussi pour Rick qui rêve de plus grand. Mais ce qu’on lui propose ne l’enchante guère. Au contraire le passage avec l’agent Marvin Shawrz, première longue séquence avec Al Pacino. Remarquable nous rappelant un nouveau morceau de pellicule et plus précisément « Scarface » de Brian De Palma. Pacino n’a pas une grande présence à l’écran et pourtant il est la détonation dont Rick à besoin, comme le personnage de Sharon Tate voilà deux antagonistes qui ne quittent plus notre souvenir. Même si l’entretien n’arrange en rien l’avenir de Rick, se sentent sur le déclin, confessent à la fin de la rencontre à Cliff  » Je suis devenu un putain de has been ».

Tu va plaire à Charlie…

Rick vivant dans les hauteurs d’Hollywood remarque que son voisin n’est qu’autre que Roman Polanski avec sa compagne la lumineuse Sharon Tate. Les voyants au loin, Rick ne cache pas son admiration au sujet du film que Polanski vient de tournée et du succès de Rosmary Baby. Troisième personnage central de l’histoire et pas des moindres Margot Robbie. Qui malgré moins de présence à l’écran que Cliff et Rick sont omniprésents dans la mémoire du film tout comme Al Pacino. Par sa grâce et sa joie de vivre, elle représente dans l’idéal absolu un paradis déjà perdu. Quand sa présence se fait moindre elle reste dans la conscience collective comme un nouveau morceau de pellicule encré à jamais en mémoire. Comme reste en mémoire, l’ombre de Charles Manson, qui a tout juste deux scènes dans le film, pas besoin de plus, ces sbires d’hippies étant présent à chaque coin de rue. Margot Robbie est sublimée par Tarantino, sont regard et son sourire en disent beaucoup plus que n’importe quels dialogues. On suit Rick, Cliff et Sharon sur trois jours débuts février 1969. Sharon prend le temps de vivre un tour a la fête playboy mais aussi a celui d’un cinéma où l’on passe un de ses films  » The Wrecking Crew » encore un film dans le film où Sharon se regarde et regarde attentivement la réaction du public dans la salle, moment magique et indélébile que seul la pellicule capte à merveille.

1710363.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx[1]

Fucking Hippies

C’est le pied sale qui vient s’abattre sur le pare-brise que l’on retrouve en 1969 dans » Once upon a time in Hollywood », tel une ventouse dégueulasse. On connait en Tarantino une obsession pour les pieds. Les pieds de Béatrice Kido, qui ne réponde plus ou alors filmer en noir et blanc dans » Kill Bill volume 1 & 2″. Il y a aussi bien entendu « Boulevard de la mort » ou l’on prend sont pied littéralement jusqu’au coup. Il y a aussi l’épisode cendrillon perdant ces talons qu’Hans Landa interprèter par Christophe Waltz, retrouve dans un bar où Bridget Von Hammersmark venait de perdre suite à une fusillade. Dans « Django Unchained » on retrouve les pieds enchaîner dans le sud des États-Unis durant l’esclavage. Avant le début du tournage, le sujet du film était hautement problématique pour certains et ce sans même avoir découvert le film. Se servir d’une histoire vraie qui à traumatiser toute une époque, c’est oublier la force d’écriture de l’un des plus grands scénaristes du monde du cinéma. Lui qui à travers c’est huit précédents films n’a cessé de vouloir réécrire l’histoire que la soit à travers l’adaptation du livre « Punch Créole » d’Elmore Leonard ou du finale « d’Inglorious Basterds ». C’est la magie du cinéma que Tarantino cherche à mètre constamment en avant, le cinéma ou l’écran de télévision à toujours été une porte de sortie. Mise en lumière par l’un des plus grands créateurs d’image, directeur de la photographie depuis maintenant 5 films en la personne de Robert Richardson de « Kill Bill volume 1 & 2 », « Django Unchained » et « Les 8 Salopards. Evidemment la BO est divinement belle et terriblement mélancolique avec pour fin le sublimement fantastique morceau de Maurice Jarre. Grandeur et décadence, voilà deux potes, deux frères, toujours en action. Quentin Tarantino parle d’Hollywood, de sa filmographie et de son enfance. Se dégage une douce mélancolie le portail s’ouvre sur le paradis, la pellicule demeure indestructible. Sublime ballade cinématographique, car en fin de compte le cinéma est plus fort que la vie.

Ma Note

5 / 5

 1384772.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx[1]

Mon Top Quentin Tarantino

1. ONCE UPON A TIME IN … HOLLYWOOD
2. PULP FICTION
3. JACKIE BROWN
4. RESERVOIR DOGS
5. KILL BILL 1 & 2
6. DJANGO UNCHAINED
7. BOULEVARD DE LA MORT
8. THE HATEFUL EIGHT
9. INGLOURIOUS BASTERDS

Publicités

Un commentaire

Répondre à ROCAFORT Annuler la réponse.

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s