Réalisateur : Damien Chazelle

Avec : Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend, J.K. Simmons, Rosemarie DeWitt, Finn Wittrock, Calie Hernandez, Sonoya Mizumo….

Durée : 2h08

Sortie : 25 Janvier 2017

Le Pitch

Au coeur de Los Angeles, une actrice en devenir, prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions.

De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance.

Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…

Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions et à la vie trépidante d’Hollywood ?

lalaland_vidpic_082316_1280copy1BANDE ANNONCE 

CLIP

MON AVIS

Alors oui c’est bien le film incroyable que tout le monde attend depuis le soir de sa première projection à Venise en septembre dernier et après 2H08 , je pourrais dire que c’est le film de l’année, mais non pas encore, nous sommes bien loin de décembre prochain et bon nombre de sorties tout aussi excitantes vont arriver sur les écrans, sans oublier un élément majeur dans le cinéma et pas des moindres Le Festival de Cannes.

Il me fait danser, il me fait tourner la tête, son nom à lui Chazelle.

la-la-land-720p-hdrip-french-film-torrent-complet-en-francais-1024x4261

Il y a tellement à dire sur ce film à  l’élégance si naturelle. Revenons tout d’abord en 2014, au mois de Mai pour être exact, pour être encore plus précis un jeudi matin à 8H30 sur la croisette à Cannes, première projection de mon second Festival de Cannes, je me dirige vers la salle de la quinzaine des réalisateurs, ne connaissant rien  du film, si c’est le titre « Whiplash »,  que c’est sur la batterie et pour clôturer le tout il y a  J.K.Simmons que l’on retrouve d’ailleurs dans » La La Land ». Le  réalisateur est Américain,  c’était son premier film, si haletant et maîtriser à l’énergie communicative, qui je dois avouer m’avait donné irrésistiblement envie de me mettre à la batterie, chose que je n’ai jamais fait si ce n’est dans mes rêves. A savoir qu’en réalité c’est pas son premier film, le bougre a fait un film avant « Whiplash », le gros problème personne où très peu de gens l’ont vue  » Guy and Madeline on a Park Bench » qui est  aussi une comédie musicale, pour le contenu même de ce premier film mystère.

« La La Land » ne fait que confirmer, les promesses et l’espoir entrevu de son premier film, il fait partie de ces réalisateurs et la liste est longue qui nous fait transparaître son amour pour le cinéma avec des manières différentes, on peut faire le rapprochement de l’énergie de ses films et de sa mise en scène à celui d’un Quentin Tarantino ou encore d’un Xavier Dolan.

la-la-land-21

Un plaisir de cinéphile immédiat, dû à une ouverture du film en fanfare où la caméra de Damien Chazelle, se balade dans les embouteillages d’Hollywood en plein Hiver d’auto en auto de station de radio en station quand débute la douce mélodie « Another Day of Sun » le tout filmé en plan-séquence 5 min 30 de bonheur intense mélangeant une grande part de diversité que cela soit en danse ou en arts en tous genres, cette sensation de voir le clou du spectacle dès le début. Aussitôt le titre du film apparaît et l’envie de saluer une telle performance de se lever et faire une ovation ne serait en rien démesurée, tant le plaisir fut immense.

Mia, serveuse de cappuccino, court d’audition en audition avec envie, elle rêve de percer dans le cinéma, mais rentre bien souvent désespérée et  remplie de tristesse chez elle voyant le peu de considération qu’elle reçoit de la part de la profession. Elle retrouve le sourire et le bonheur auprès de ses copines/ colocataires via une chanson qui va la faire sortir et redonner un peu d’espoir, l’âme de Jaques Demy n’est jamais très loin.

En route vers le bonheur?

Les effets de style pourraient être kitsch, mais ce n’est jamais le cas, au cours de cette soirée elle déambule dans les rues,  devant rentrer chez elle a pied où les fresques aux murs nous comptent le passé d’Hollywood de Chaplin en passant par James Dean, cela est souvent utilisé en travelling ou en plan large et par moments j’ai la vision d’un film me revenant celui de Pedro Almodovar et de « Parle avec elle » qui ravive ma mémoire, car l’héroïne de notre histoire pourrait très bien prétendre à une place dans la magnifique filmographie du réalisateur Espagnole. Et soudain Mia entend une musique dans cette nuit d’Hiver.

tsmm11
Parle Avec Elle de Pedro Almodovar sortie en 2002

Il est bon de rappeler,  qu’au-delà des nombreux hommages aux comédies musicales, il y en a d’autres qui me sautent aux yeux, David Lynch en particulier, son travail sur les gros plans deux à trois scènes m’ont rappelé avec un bonheur fou « Mulholland Drive » quand Justin Theroux se retourne sur Naomi Watts sur une musique de Connie Stevens et son magnifique « Sixteen Reasons », sauf qu’ Emma Stone plonge à elle seule toute une  salle dans le noir.

justin-theroux-mulholland-drive-785x4181
Mullholland Drive de David Lynch sortie en 2001

 

Sebastian est tout aussi passionné que Andrew Neyman dans « Whiplash » joué par Miles Teller tous deux ont la même passion le Jazz mais pas le même instrument, ce sont des bourreaux de travail, des perfectionnistes incompris, baignant dans une certaine solitude, les similitudes et parallèles sont nombreux.

Je me garderais de décrire en détail ce festival de pas et de musique tout aussi jouissif que la scène du début. Le film n’est en rien une déclaration d’amour à Hollywood, sûrement pas au Hollywood de nos jours, car au-delà de toutes les références présentent dans « La La Land », le film est tourné vers la nostalgie,  celle du Jazz au travers de Sebastian qui ne peut faire découvrir son répertoire de prédilection à cause d’un patron plus adepte de la ringardise et quand ce n’est pas la ringardise de J.K.Simmons c’est celle du temps qui passe et de l’oubli remplacé par des putains de resto à  tacos à la rentabilité sûrement plus sûre. « La La Land » parle en filigrane d’une culture qui pourrait se perdre.

14795047569301

L’amour dans le cinéma de Damien Chazelle est consumé dans les deux films comme un frein potentiel au développement de l’autre, que tout au tard il faudra prendre des distances dûes à une passion aux trajectoires différentes, un film sur le choix d’une vie, même si cela est moins dévastateur et beaucoup moins noir que dans « Whiplash ».

Ce n’est pas la première fois que l’on retrouve Emma Stone et Ryan Gosling dans un même film avant « La La Land », il y a eu  » Crazy Stupid, Love » de John Requa Glenn Ficarraen 2011 et le moins réussi  » Gangster Squad » de Ruben Fleischer en 2013. Mais après une telle prestation des deux anges de Los Angeles il serait compliqué de ne pas les associer à tout jamais comme l’un des plus beaux et plus sincère couple de cinéma, temps l’alchimie semble parfaite. On est tous à la poursuite d’un rêve et d’une trajectoire de vie idéale,  Damien Chazelle nous donne envie d’y croire et d’espérer.

Avant de partir pour les étoiles avec une nouvelle fois Ryan Gosling en Neil Amstrong pour « First Man ». Je ne peux que vous conseiller de suivre le pas d’un réalisateur qui a déjà tout d’un grand.

MA NOTE

5 /  5

lalaland-whistling1

Publicités