Les Pépites

Réalisateur : Xavier de Lauzanne

Durée : 1H29

Sortie : 5 Octobre 2016

le pitch

 

Aujourd’hui, ils ont 25 ans et finissent leurs études ou commencent à travailler. Tous, lorsqu’ils étaient enfants, devaient fouiller dans la décharge  » à ciel ouvert » de Phnom-Penh pour survivre. C’est là que Christian et Marie-France, un couple de voyageurs français, les rencontrent, il y a plus de vingt ans. Ils décident alors de se battre sans limite pour sortir ces enfants de cet enfer. A ce jour, ils ont permis à près de 10 000 enfants d’accéder à l’éducation pour se construire un avenir. Ce film est l’histoire d’une aventure humaine extraordinaire…ong_pse_2015a1

Entretien avec le Réalisateur ( dossier de presse )

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler sur ce film?

J’ai vécu à Hanoï, au Vietnam, entre 1996 et 2000 où je travaillais sur un projet de formation hôtelière pour des jeunes en difficulté. Mais j’aimais aussi le cinéma et je voulais en faire depuis longtemps. En 1999, je me suis acheté ma première caméra et j’ai suivi un ami cyclopousse à Hanoï, entre deux 14 juillet. Du 14 juillet 1999 jusqu’au 14 juillet 2000. C’est ainsi que j’ai commencé, comme autodidacte, à réaliser. Ensuite, à Phnom Penh, j’ai rencontré Christian et Marie-France qui avaient besoin d’un film de communication pour leur tournée en camping-car qu’ils faisaient chaque année en France pour récolter des parrainages.les%20pepites%202%20photo31

Je leur ai proposé de faire leur film, ce qui m’a encouragé à continuer dans la voie du documentaire. C’était il y a 16 ans et, depuis, nous sommes toujours restés amis. Au fur et à mesure des années, en voyant leur projet devenir l’une des institutions les plus reconnues au Cambodge, j’ai eu envie de raconter cette histoire incroyable au cinéma. Et surtout, j’avais envie de faire un film qui, sur un sujet aussi fort, ne défende aucune cause, aucune idéologie, aucune analyse, mais expose un enchaînement de faits, à partir de la rencontre d’un homme et d’une femme, jusqu’à la création d’une oeuvre humaine éblouissante. Quand on visite leur école, on ne soupçonne pas les histoires qu’il y a derrière l’immensité de ce projet, celles des enfants qui ont vu Christian et Marie-France arriver sur la décharge en 1996, il y a 20 ans, et dont les vies ont été transformés. Je voulais donc montrer le possible processus de résilience pour ces enfants au contact de gens qui les aident et qui croient en eux. L’espoir a toujours été ma ligne de mire tout le long du tournage et du montage et force est de reconnaître que ces enfants ont une espèce de force, de joie, une capacité à vivre impressionnante!

Qu’est-ce qui vous a attiré chez ce couple, Christian et Marie-France, au-delà de leur engagement auprès des enfants?

Il y a une dimension émotionnelle dans ce projet qui m’a tout de suite bouleversé et qui, selon moi, tient à la nature du lien qu’ils ont su créer avec les enfants. S’ils sont appelés « Papy, Mamy » par ces jeunes, ce n’est pas pour rien. C’est que, comparé à d’autres structures institutionnelles, ils ont créer un lien, familial et affectif, puissant avec les enfants. C’est rare de rencontrer au sein d’une institution, l’existence d’un lien aussi fort!capture-decran-2016-04-14-a-17-02-301

Dans leur démarche, ce couple se substitue-t-il à la famille des enfants ou agit-il en complément de la famille? Qu’en est-il des liens des enfants avec leur famille naturelle?

Dans certains milieux, la misère affective est telle au Cambodge qu’un enfant confronté à un adulte qui fait attention à lui et le considère avec bienveillance devient rapidement résilient. Personne ne faisait attention aux enfants sur cette décharge. Ils n’étaient parfois que des gagne-pains pour leurs parents qui vivaient dans une misère absolue et dont la priorité était de trouver un minimum à manger. Dès lors, ils avaient besoin d’un lien affectif que Christian et Marie-France leur ont apporté et que les enfants ont accepté, bien sûr, mais ils n’ont jamais tenu le rôle des parents. Par ailleurs il a fallu créer un internat parce qu’il y avait aussi des enfants qui étaient soit orphelins, soit abandonnés, soit menacés. Ces enfants, avaient un lien encore plus fort avec Christian et Marie-France qui ont alors acquis une sorte de statut de grands-parents!

Votre film est construit sur la juxtaposition de deux lieux, l’école et la décharge. N’avez-vous pas redouté que ce film devienne moralisateur, l’opposition entre le bien et le mal, le beau et le laid?

J’ai d’emblée été conscient qu’il y avait là un grand écueil qui me guettait. La raison première pour laquelle je me suis lancé dans ce projet tient à l’attitude de ce couple. On n’en a pas forcément conscience mais ces deux-là n’ont jamais dit « on va faire du bien pour les enfants »ou encore  » on est à Paris, qu’est-ce que l’on peut faire, on veut faire le bien autour de nous ! Ah ben tiens on va aller au Cambodge ! « . Non. Ils sont arrivés par hasard au Cambodge et ont découvert par hasard la décharge, amenés sur ce lieu par les enfants des rues. Ce fut un choc pour eux un choc émotionnel et visuel tellement fort qu’ils ont commencé tout de suite en distribuant des repas sur place. Mais il n’y avait pas de plan à long terme, rien de tel. Ils n’ont pas imaginé ce qui allait se passer par la suite avec la création d’une institution importante, « Pour un Sourire d’Enfant » (PSE).

J’ai voulu faire un film qui montre que l’engagement vient de plus d’une pulsion émotionnelle que d’un discours. Les pépites, c’est donc l’histoire d’un couple qui a un projet, qui s’engage pour sauver des enfants et celle des enfants pris en charge par ce couple. Ce n’est pas un reportage. On raconte tout simplement une histoire en utilisant un langage sensoriel et chaque spectateur en tire sa propre réflexion. C’est pour cela que j’ai assez vite pensé à un film cinéma.les-pepites1

Vous avez eu recours à des techniciens cambodgiens. Pourquoi ? 

Pour Christian, cela a toujours été important de communiquer par l’image, de témoigner, car l’image a valeur de mémoire. Certains seraient peut-être tentés plus tard de remettre en cause l’innommable violence que ces enfants ont dû subir. Une trace est toujours importante. C’est conscient de cela que Christian a décidé, il y a six ans, de monter une formation cinématographique. C’est aujourd’hui le premier centre de formation aux métiers du cinéma au Cambodge, pays qui avait une tradition cinématographique, hélas interrompue par les Khmers rouges. Tous mes films ont été très difficiles à financer, celui-là n’allait pas déroger à cette règle, mais là, je savais que je pouvais compter sur l’appui en matériel et en compétences de l’école. J’ai donc tout de suite collaboré avec les élèves et les enseignants, surtout qu’il s’agissait, en plus de raconter leur propre histoire. Et réaliser ensemble ce film, c’était aussi une manière d’être directement connecté aux activités de jeune Cambodgiens.

Chrisitan et Marie-France, leur histoirecapture-decran-2016-09-26-a-15-55-41-630x01

Je me suis senti libre très tôt…c’était en 1944, j’avais 10 ans, le château de mes ancêtres, dans lequel nous vivions avec ma famille, après avoir été occupé par les Allemands, a brûlé au moment du débarquement. lors de notre fuite, je me suis retourné pour assister au spectacle. Ce jour-là, j’ai compris que ce que nous possédions ne valait pas grand-chose… 40 ans plus tard dans les années 80, Christian entraîne sa femme, Marie-France, et ses 4 enfants, dans un voyage autour du monde. A bord d’un camping-car étroit qu’ils nomment NAIN-BUS, la famille s’engage sur le périphérique, porte de Vincennes, pour rallier les portes de l’Inde un an et demi plus tard. Il en sortira un livre intitulé Quatre enfants et un rêve ainsi que plusieurs bobines de films en 16mm.

En 1995, cadre de l’entreprise IBM en préretraite, Christian est recruté pour diriger le bureau local d’une ONG Française à Phnom Penh. Pendant deux ans, il va développer l’aide pédagogique auprès des écoles du Cambodge. Choqué par le nombre d’enfants des rues dans la capitale, il décide d’aller à leur rencontre. C’est alors qu’il découvre la décharge. La vision insoutenable de ces enfants au travail va le pousser à exécution. Marie-France, issue comme Christian d’une famille plutôt conservatrice, mère au foyer, n’a pourtant jamais été une femme d’intérieur. Prête à changer de vie du jour au lendemain, elle s’est toujours approprié les idées de Christian rapidement. Leur étonnante complémentarité ainsi que leur audace les a d’abord conduits vers de grands voyages. Et quand il a fallu faire le choix de tout quitter pour s’investir totalement auprès des enfants de la décharge, Marie-France a immédiatement pris les choses en main.

D’une apparence plutôt rangée, Christian et Marie-France ont néanmoins un fort penchant pour la contestation de l’ordre établi. Issus d’un univers où la morale chrétienne détermine souvent les choix, ils se sont engagés par pure réaction émotionnelle. D’ailleurs, les notions de sacrifice, d’abandon, ou de dévouement leur sont plutôt étrangères. Comme le dit Christian, non sans une once de provocation :  » Vous êtes capable de faire un choix radical quand vous sentez qu’il va vous rapporter beaucoup. Ce n’est pas du mérite, ce n’est pas une vocation, c’est de la recherche du plaisir, c’est de l’égoïsme. »

Il sont comme monsieur et madame tout-le-monde, et vivent dans la réalité terre-à-terre du quotidien. L’ampleur et la complexité du combat qu’ils mènent se déjouent par le naturel et la complicité de leur relation à deux. Ils sont aujourd’hui citoyens cambodgiens.

L’ASSOCIATION  » POUR UN SOURIRE D’ENFANT »

« Ce fut un véritable choc! Cela donnait envie de crier… ou de pleurer! »

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Un jour d’avril 1995, Christian et Marie-France des Pallières, un couple de retraités français, découvrent la décharge de Phom Penh :  » Sur un immense terrain d’ordures fumantes, dans une odeur pestilentielle et au milieu de myriades de mouches, des centaines d’enfants de six à quinze ans fouillent dans les ordures. En loques, couverts de plaies infectées, un grand sac crasseux sur le dos et pieds nus dans les ordures dans lesquelles il s’enfoncent jusqu’aux genoux, ils cherchent des bouts de plastique, de carton, de métal à récupérer. Ils cherchent aussi de quoi se nourrir car aucun d’entre eux n’a mangé depuis la veille. »

Bouleversé par cette expérience, le couple décide d’aider ces enfants à sortir de cet enfer en espérant leur redonner un sourire. « Pour un sourire d’Enfant » (PSE) est né. Leurs petits princes et leurs petites princesses, comme ils les nomment, vont connaître un autre destin.

Dès 1996, Christian et Marie-France revendent tous leurs biens en France et installent une « paillote » au pied de la décharge pour offrir aux enfants un repas, de quoi se laver et les premiers soins. Mais devant l’afflux des familles, il faut rapidement aller plus loin, plus vite. Il y a deux urgences : la faim et l’éducation. En 1997, sur un terrain situé à 1 km de la décharge, ils construisent les premiers bâtiments de ce qui deviendra une école primaire et secondaire destinée aux chiffonniers.

Aujourd’hui, 20 ans après, 7000 élèves suivent une scolarité grâce à PSE et environ 3500 anciens sont déjà entrés dans la vie active. Dans les locaux de l’établissement sont accueillis les élèves dans des classes de mise à niveau ou en formation professionnelle, soit environ 3000 jeunes. Les autres enfants sont scolarisés dans les écoles locales, leurs frais de scolarité et le suivi social étant pris en charge par PSE;

Christian et Marie-France reçoivent en 2000 le Prix des Droits de l’Homme de la République Française. Ils viennent également de recevoir la plus prestigieuse reconnaissance du Cambodge des mains du Roi. De nombreuses personnalités locales et internationales viennent régulièrement visiter le centre.

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LES PEPITES, c’est aussi une histoire racontée sur 20 ans, un tri parmi 350 heures d’images d’archives personnelles, 2 ans de tournage, 6 mois de montage, 4 ans de travail 3000 figurants, un tournage en 4K.

CHRONOLOGIE HISTORIQUE DU CAMBODGE

1863 Cambodge sous protectorat Français

1941 Norodom Sihanouk nommé roi du Cambodge par l’amiral Decoux

1953 Indépendance du Cambodge

MARS 1970 Coup d’état contre Norodam Sihanouk

Début de la guerre qui fera 600000 morts

17 AVRIL 1975   Prise du pouvoir par les Khmers rouges de Pol Pot

Déportation des populations urbaines

Norodom Sihanouk est enfermé dans son palais

7 JANVIER 1979 L’armée vietnamienne s’empare de Phnom Penh

Chute du régime Khmer rouge. Plus de 2 millions de morts

JUILLET 1989 Début de la conférence de Paris sur la paix au Cambodge

Retrait de l’armée vietnamienne

OCTOBRE 1991 Signature des accords. Retour de Norodom Sihanouk au Cambodge

1995 Création de PSE

FEVRIER 2009 Début du premier procès d’un responsable Khmer rouge

2004 Abdication de Norodom Sihanouk. Son fils Sihamoni lui succède

OCTOBRE 2012 Décès de Norodom Sihanouksolidarite-avec-le-vietnam-une-soiree-dinformation1

MON AVIS

les Pépites du Cambodge

Formidable doc sur un couple de super-héros

émouvant et rempli de bonté qui redonne un élan d’optimisme

MA NOTE

8 / 10

 

 

Aide et Action est une organisation qui agit pour favoriser l’accès de tous à une éducation de qualité.

http://www.france.aide-et-action.org

Plan International oeuvre depuis près de 80 ans pour un monde juste qui fait progresser les droits des enfants et l’égalité pour les filles.

http://www.plan-internationnal.fr

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BANDE ANNONCE

https://www.youtube.com/watch?v=NmJMoqCqfGc

MAKING- OF

https://www.youtube.com/watch?v=7slMsIzI94w

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